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ZYGMUNT LUBICZ – ZALESKI

Zygmunt Wacław Michal Zaleski, de armis Lubicz, est né le 29 septembre 1882 à Klonowiec-Koracz, en Mazovie, dans une famille de propriétaires terriens. Il était historien littéraire, critique, poète, journaliste et écrivain, traducteur, diplomate, professeur à l'Université de Varsovie, docteur honoris causa des universités de Montpellier et de Lille. Il a travaillé en Pologne et en France. Marié à Maria Zdziarska, ils ont eu quatre enfants - Andrzej, Kazimierz, Roman et Monika.

Il a montré un grand intérêt pour la littérature et la musique, il jouait du piano. Suite à l’insistance de son père, il entreprit, à contrecœur, des études à l'Institut polytechnique de Varsovie. Il arrêta ensuite ces études pour s’inscrire à l'École des Beaux-Arts de Varsovie. Durant ses années d’étude, il était membre du "Zet" de Varsovie (Union de la Jeunesse Polonaise) et était actif dans la Commission de l'École Secondaire Inférieure et dans l'Union de Renationalisation des Écoles. Il considérait la lutte pour la culture et la langue polonaise comme la base de la préservation de l'identité nationale.

Il a été arrêté par les autorités tsaristes à cause de sa participation au mouvement indépendantiste et détenu dans le pavillon numéro 10 de la Citadelle de Varsovie.

Après avoir été libéré de la Citadelle en 1905, il est parti étudier avec son ami Jan Purwin à Berlin, à Munich et Paris où il a commencé des études de philosophie. Il est rentré en Pologne trois ans plus tard et a commencé à travailler comme professeur d'histoire de la littérature polonaise à Varsovie. Menacé d’une autre arrestation par les autorités tsaristes, Zaleski quitte de nouveau le pays en 1910 et s’installe à Munich. Son séjour dans la capitale bavaroise est de courte durée et en décembre de la même année, il part pour Paris où il étudie à l'École des hautes études en sciences sociales. Il y termine sa thèse de diplôme "La lutte pour l'école polonaise".

Plus tard - dans les années 1914-1916 - il devient professeur de la langue polonaise à l'École des hautes études en sciences sociales de Paris, puis en 1916-1922 il enseigna le polonais à l'École des langues orientales et vivantes et à l'Institut d'études slaves à la Sorbonne. Dans les années 1918-1919, il écrivit pour le magazine "l'Armée Polonaise en France".

L'ouvrage le plus important qu’il a publié avant la Première Guerre reste "L'Œuvre et le Créateur", un recueil de ses essais littéraires, de critiques et de considérations théoriques. En 1916, il a été élu président de la Société des Artistes Polonais à Paris. Dans la période qui précède l'indépendance de la Pologne, Zygmunt Zaleski était activement engagé dans l'action politique pour la cause polonaise à Paris. Il y rencontra Ignacy Paderewski et Roman Dmowski. En 1917 il entre au Comité National de Polonais, il dirige également les travaux du Bureau de Presse de la Délégation Polonaise à la Conférence de la Paix à Versailles, il s’engage aussi dans les activités du Comité pour la Protection Matérielle du Bureau Polonais des Affaires Civiles en France et soutient l'organisation de l'Armée Polonaise en France. Il organisa des examens du baccalauréat pour les soldats polonais. C’est à cette époque qu’il fut convaincu que pour assurer une position stable à la Pologne en Europe, il fallait mettre en valeur la culture et la langue polonaise en France. Il consacra la majeure partie de son séjour à Paris à la réalisation de cet objectif. 

En 1924, il fut nommé délégué officiel du Ministère des Cultes et de l'Éducation Publique.

En France, Zaleski était perçu comme un « homme-institution » tant le champ de ses activités était vaste et exigeant. Zaleski est à l’origine du lancement d'un réseau de 10 cours universitaires visant à promouvoir efficacement la langue et la culture polonaise. Malgré son implication dans de nombreux projets, il n’a pas pour autant négligé son travail littéraire et journalistique consacré à l'histoire de la littérature, aux réflexions politiques et sur les sujets importants pour l'avenir de la Pologne.

Dans l'entre-deux-guerres, il était membre du Comité Local de la Bibliothèque Polonaise à Paris, c’est à cette occasion qu’il coopéra avec Marie Curie (connue en Pologne sous le nom de Maria Salomea Skłodowska-Curie), vice-présidente du Comité. Il fut également codirecteur du Centre de la Civilisation Polonaise à la Bibliothèque Polonaise de Paris, ainsi que rédacteur en chef de la publication de "Życie Sztuk" (La Vie des Arts) et professeur de littérature à l'Université de Varsovie.

Il envoya de nombreuses correspondances de Paris, publiées dans "Przegląd Narodowy", "Gazeta Warszawska" ou "Głos Warszawy". Dans les années 1921-1939, il écrivait régulièrement pour "Kurier Warszawski" ainsi que pour le "Mercure de France".

La France a reconnu les mérites du Professeur Zaleski dans le domaine de la coopération culturelle et scientifique avec la Pologne en lui remettant l'Ordre national de la Légion d'honneur et quelques années plus tard le grade d'officier de cette décoration, Raymond Poincaré, ancien Président de France, participa à la cérémonie.

Il se trouve à Varsovie lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. C’est de Varsovie qu’il part, au début de l’année 1940, suite à l'appel du gouvernement polonais en exil pour rejoindre la France. Il traverse alors la Slovaquie et la Hongrie, à pied, avec son fils Andrzej.

Après la défaite de la France en juin 1940, Zaleski fut élu président de la Croix-Rouge Polonaise en France qui, sous la pression des autorités de Vichy, dû prendre le nom de Groupement d'Aide aux Polonais (GAP).Trois anciens ministres polonais étaient en charge de l’organisation – qui coopéra étroitement avec le mouvement de résistance polonais en France. Un extrait de ce que Zygmunt Lubicz-Zaleski a écrit lui-même en 1961 (puis publié en mai 1968 dans "Orzeł Biały") résume bien cette période: Je me souviens encore bien du débat de cette époque-là, entre les partisans de la séparation absolue des deux activités, la face visible du PCK (Croix-Rouge Polonaise) et celle secrète des organisations clandestines. Personnellement, j'étais pour une séparation de ces missions, mais en même temps un fervent défenseur de la coopération interne nécessaire à la réalisation des missions visant l’ennemi, prioritairement sur les responsabilités sociales du PCK. Une des manifestations de cette subordination des actions de la Croix-Rouge aux actions de résistance était de nommer le président de l’organisation comme agent de liaison, il était alors responsable du transfert d’argent et de correspondance entre le poste diplomatique de Lisbonne (dirigé par le Colonel Jan Kowalewski) et le groupe de Grenoble. Ce cumul de fonctions a continué jusqu’à mon arrestation le 19 mars 1943.

Zaleski a également organisé et était directeur du lycée Cyprian Norwid à Villard-de-Lans, le seul lycée polonais à fonctionner légalement dans l’Europe occupée. Son implication dans la résistance conduisit à son arrestation le 19 mars 1943. Après une enquête brutale menée par la Gestapo, il fut envoyé au camp de concentration de Buchenwald où il resta jusqu'à sa libération en avril 1945.

C’est en mai 1945 que Zaleski retourne dans son appartement vide de la rue Boissière à Paris. Physiquement épuisé par deux ans dans un camp de concentration, c’est grâce à une volonté de fer qu’il continua à développer des activités sociales et patriotiques:

  • Il s’occupe de la jeunesse polonaise émigrée.
  • Il dispose d'une grande confiance des autorités françaises, sa seule signature à un examen de fin de lycée suffit pour ouvrir la voie à des études universitaires.
  • Il est responsable des lycées polonais pour les émigrants politiques à La Courtine, et plus tard Les Ageux.

Il a cofondé l'Association Polonaise des anciens déportés et prisonniers politiques en France, et l’a présidée jusqu'à sa mort. Elle faisait partie de la Fédération Internationale des Anciens Déportés de la Résistance (la FILDIR), dont Zaleski a été vice-président. C’est grâce à ses efforts que les déportés polonais et les réfugiés politiques purent recevoir des indemnités de l’Allemagne.

Les émigrants politiques se trouvaient dans une situation financière difficile et ont été ignorés par les gouvernements polonais et français, gouvernements qui s’occupaient de distribuer les indemnités. 

Malgré des conditions matérielles très difficiles, Zaleski refusa tout contact avec le gouvernement communiste imposé par l’URSS à la Pologne. Il réactive en 1946, avec l’aide de Franciszek Pułaski, la Société Historique et Littéraire centenaire qui gère la Bibliothèque Polonaise de Paris, elle devient ainsi un centre de la culture et de la pensée libre de l'influence communiste. Zaleski est également secrétaire général de la Société Historique et Littéraire Polonaise jusqu'à la fin de sa vie.

Suite aux horribles expériences qu’il a vécues à Buchenwald, Zaleski s'engage dans le projet d'un avenir européen commun, il reconnaît le besoin de réconciliation et rejette dans ses nombreux écrits les appels à la vengeance et à l’humiliation de l'ennemi vaincu. Indépendamment de l'activité politique et sociale, il continue à travailler sur la propagation de la langue et de la culture polonaise ainsi que sur sa propre carrière scientifique et littéraire, il ajoute à son œuvre toujours grandissante et devient correspondant pour l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

Zaleski était un vrai un homme de la Renaissance, aux talents multiples, très ouvert et actif. Il a publié des centaines d'articles, d'essais, de dissertations consacrés à la culture polonaise, française et européenne, il a traduit de nombreuses œuvres d'artistes français, il a donné de nombreux cours et conférences, on trouve également dans sa production littéraire de la poésie lyrique.

La France a honoré Zaleski pour son implication héroïque dans la résistance, son courage durant l'interrogatoire brutal de la Gestapo et son long séjour dans le camp de Buchenwald, il est alors nommé Commandeur de la Légion d’honneur le 5 décembre 1957 par René Coty. 

Le grade de Grand Officier lui est décerné par le président Charles de Gaulle le 31 juillet 1959.

Il décrit dans le « Journal discontinu (1904-1925) » et le « Journal de Grotowice à Buchenwald (1939-1945) », qui ont été publiés en 1998, une partie de sa vie pleine de dévouement, de travail créatif, organisationnel, scientifique et didactique ainsi que ses expériences de guerre.

Zygmunt Lubicz-Zaleski est décédé le 15 décembre 1967 à Paris.

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