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LOIN DE L'ORCHESTRE est comme un essai, un bon essai dans lequel on ne trouve pas forcément toutes les réponses à nos questions mais qui nous amène à nous en poser.

Ce qui m'a intéressé le plus dans l’histoire de Zygmunt Lubicz-Zaleski, c'est la relation entre l'humaniste et le patriote, comme sont identifiés dans le film les époux Zaleski. Je ne cache pas que je suis beaucoup plus proche de l'épouse, Maria Zdziarska, médecin qui a participé à la guerre de 1920 et qui a écrit ses mémoires que du héros du film. L'histoire de cette femme fantastique, prisonnière à Pawiak et à Ravensbrück, qui dans le camp de concentration n'a pas hésité à soigner une codétenue souffrante, montre comment les polonaises vivant pendant l'entre-deux-guerres se sont émancipées; et comment l'institution du mariage été vue à cette époque-là. Pour moi, Maria Zaleska est l’héroïne cachée de ce film.

Le second point qui mérite réflexion (et surtout l’appréciation) est la compréhension par Zygmunt Zaleski - celui qu'on appelait "l'ambassadeur de la cause polonaise", du rôle et de l'importance de l'éducation. Zygmunt Zaleski n'était pas seulement le créateur du seul lycée polonais qui pouvait fonctionner librement pendant la Seconde Guerre mondiale en Europe (il s'agit du lycée Cyprian Kamil Norwid à Villard-de-Lans), mais aussi un organisateur et un défenseur de l'enseignement dans des conditions extrêmes, à Buchenwald où il a été envoyé. Sa perception de l'enseignement et de l'apprentissage en tant que devoirs civiques étonne (encore aujourd'hui). Zaleski l'a enseigné à ses enfants, comme le preuve le souvenir de son fils qui, pendant l'occupation, était actif dans la résistance mais participait aussi à l'enseignement secret parce qu'il le considérait comme une forme de résistance à l'ennemi.

Troisièmement, ce film me semble particulièrement important vis-à-vis de la question des réfugiés, le débat « accepter ou pas » (bien entendu qu’il faut accepter) car le film nous rappelle que les polonais étaient, eux aussi, des réfugiés à une époque, et que c’est pour eux que Zygmunt Zaleski a organisé un lycée et d’autres actions.

Une dernière chose, Zaleski a choisi de travailler avec une minorité polonaise en France parce qu'il n'aimait pas les querelles qui avaient lieu dans la Pologne indépendante de l’époque. Conscient que son destin allait se résumer à "service, mission, sacrifice", il préférait retourner à ceux qui avaient besoin de lui plutôt que de s’occuper de disputes inutiles, Il savait qu'en exil il serait plus utile. Un autre élément important du film se trouve dans son utilité à nous rappeler que malgré des circonstances plutôt favorables (durant la période d’indépendance), nous étions divisés. Je ne sais pas si c’est l’intention exacte des auteurs, mais le film exprime bien le fait que l’histoire ne se répète pas forcément, mais qu’elle rime malicieusement.

Dr hab. Katarzyna Taras 

/filmologue, critique de cinéma/

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